Micheline Calmy-Rey, entre Iran et Israël, joue une rude partie

11.05.2008

Stupeur ! Micheline Calmy-Rey, notre ministre des Affaires étrangères, n’est pas invitée au 60e anniversaire de l’Etat d’Israël, Pascal Couchepin, président de la Confédération, non plus. La socialiste et le radical paient probablement là l’accord Suisse-Iran pour la fourniture de gaz. Tant Israël que des organisations juives s’en irritent. Ils y voient une violation – au moins par l’esprit – des sanctions de l’ONU contre l’Iran en raison de son programme nucléaire. Les images présentant Micheline Calmy-Rey et le président iranien Mahmoud Ahmadinejad en souriante compagnie ajoutent à l’inconfort. C’est ce même président qui appelle à « rayer » Israël de la carte et qui relativise l’extermination des juifs pendant la guerre

Il s’agit évidemment d’un malentendu. Micheline Calmy-Rey et le Conseil fédéral ont toujours réaffirmé le droit d’Israël à l’existence. Au début de la création de l’Etat hébreu, la Suisse est très pro-israélienne. Puis, à partir des années 1970 et 1980, elle rééquilibre ses liens entre Israéliens et Palestiniens. En 1994, le chef palestinien Yasser Arafat est reçu chez nous en quasi-chef d’Etat. C’est un tournant.

Avec la République islamique d’Iran (fondée en 1979), les relations connaissent des hauts et des bas. La Suisse y représente les intérêts des Etats-Unis. Mais elle subit les contrecoups des assassinats de dissidents iraniens à l’étranger (Kazem Radjavi en 1990 à Coppet VD, Chapour Bakhtiar en 1991 à Paris). Les relations économiques vont mieux. Incidemment, rien n’indique que le contrat gazier contredise les sanctions de l’ONU. Il n’empêche. Dans la politique étrangère très « visible » de Micheline Calmy-Rey, il y a peut-être encore là un besoin d’explication.