La présidence Berset. Le tournant Parmelin-Cassis. Des grognes invisibles?

Etonnant, Alain Berset ! Le président 2018 est dans une situation plutôt rare. Pour beaucoup, le Fribourgeois socialiste est une figure forte. Son aisance est remarquée en Suisse comme dans le monde. Mais la recomposition de l’Exécutif pourrait le freiner. On en dira autant de Simonetta Sommaruga (socialiste aussi) ou Doris Leuthard (PDC). Le quatuor « de droite » en profite. Ueli Maurer et Guy Parmelin (UDC). Johann Schneider-Ammann et Ignazio Cassis (PLR). Tournant en 2015 et 2017. Parmelin et Cassis, successeurs d’Eveline Widmer-Schlumpf (PBD) et Didier Burkhalter (PLR), changent la donne. Et poussent « à droite ».Continue reading

L’année Berset. Scène mondiale – du brio. Scène intérieure – des duretés.

Alain Berset ! Le président 2018 affiche une aisance rare sur la scène mondiale. A Vienne, avec les Autrichiens Alexander van der Bellen et Sebastian Kurz. Aux Jeux Olympiques de Corée, avec Moon Jae-in (président du Sud) et Kim Yo Jong (sœur de l’homme fort du Nord Kim Jong-Un). Au Forum de Davos, avec Donald Trump (inimitable président des Etats-Unis). Au Bangladesh, avec des Rohingyas conquis. En juin à Genève, le Fribourgeois catholique et socialiste Berset accueille le pape argentin François. Apaisées, les tensions du « Sonderbund » et du « Kulturkampf ». Cela promet.Continue reading

Quel duo! Berset – qui gagne, qui perd aussi. Maurer – voudra-t-il rester?

Alain Berset, président socialiste de la Confédération – 190 voix. Ueli Maurer, vice-président UDC du Conseil fédéral – 178 voix. Le Parlement élit pour 2018 un duo fascinant. Des pôles « extrêmes ». Mieux que d’autres, ils symbolisent cette tentative – assez rare en démocratie – de faire cohabiter dans un même Exécutif 2 socialistes (Berset, Simonetta Sommaruga) et 2 UDC (Maurer, Guy Parmelin). Au milieu, une PDC (Doris Leuthard) et deux libéraux-radicaux (Johann Schneider-Ammann, Ignazio Cassis) font le lien. L’exploit est devenu plus remarquable encore depuis le contrôle de l’UDC par Christoph Blocher (Maurer plus « blochérien » que Parmelin ?). Gageure.Continue reading

Simonetta Sommaruga – entre élections et asile. Présidence à risques.

 

Simonetta Sommaruga, quelle présidence ! Et d’un, la socialiste bernoise pilote le pays en pleine campagne électorale. Ces élections – Parlement le 18 octobre, Conseil fédéral le 9 décembre – s’annoncent dures. Entre « centre-gauche » (dont elle est proche) et « droite », la partie est serrée. Et de deux, elle mène à Justice et Police une politique disputée. L’immigration et l’Europe y voisinent. Ses contacts avec les chefs européens sont nombreux. La visite de François Hollande est un succès. Mais l’UDC de Toni Brunner et Christoph Blocher ne la lâche pas. L’aide juridique gratuite aux requérants d’asile, par exemple, est en cible. Cela promet.Continue reading

2015: Simonetta Sommaruga – présidente hors catégorie de la Confédération.

Simonetta Sommaruga, présidente de la Confédération 2015 ! Cinq des sept premières Conseillères fédérales y ont droit. On y voit les socialistes Ruth Dreifuss (1999) et Micheline Calmy-Rey (2007, 2011), la PDC Doris Leuthard (2010), la PBD Eveline Widmer-Schlumpf (2012). Deux sortent du Collège avant d’y accéder : la radicale Elisabeth Kopp (1989 ; démission liée aux affaires de son mari, Hans Kopp) et la PDC Ruth Metzler (2003 ; évincée par l’UDC Christoph Blocher). Ces présidences féminines sont des symboles

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Maurer, président 2013! Burkhalter, président 2014! Voici où l’on devrait gagner.

Ueli Maurer, président UDC de la Confédération en 2013! Didier Burkhalter, président libéral-radical en 2014! C’est sur les relations de la Suisse avec l’Europe et le monde que le changement s’annonce palpable («Neue Zürcher Zeitung» des 17 et 21 décembre). On pourrait y gagner.

Soyons clair: le président Ueli Maurer, en 2013, respecte plutôt bien les règles de collégialité. On note peu d’écarts flagrants. C’est au détour d’avertissements que l’on retrouve le lieutenant de Christoph Blocher: contre une concentration de la politique étrangère sur l’Union européenne (UE), contre le «diktat» des grandes puissances, contre les « juges étrangers », contre le péril d’immigration. Mais le Zurichois, homme d’un parti jugé isolationniste, se lance tout de même dans une dizaine de voyages à l’étranger. Il va à l’ONU – refusée par l’UDC. En Chine, il fait sursauter en proposant d’oublier la répression de Tianan men de 1989. Pour le premier président «blochérien», le péril reste limité.

Du coup, la présidence 2014 du libéral-radical Didier Burkhalter réconforte. Le Neuchâtelois, lui, ne sous-estime pas l’Union européenne. Quel que soit le poids des Etats-Unis, de la Chine, de la Russie et d’autres acteurs, l’UE reste le partenaire irremplaçable de la Suisse. On le vérifie tant sur les initiatives anti-immigration (UDC, ECOPOP) que sur la rénovation des relations bilatérales. De nouveaux blocages ne sont pas exclus. En cas de succès comme en cas de pépin, un Didier Burkhalter paraît mieux équipé pour faire face qu’un Ueli Maurer. Parions?

Ueli Maurer sur Wikipedia
Didier Burkhalter sur Wikipedia

Burkhalter, aile droite, et Simonetta Sommaruga, aile gauche, au pouvoir.

Didier Burkhalter, président libéral-radical de la Confédération! Simonetta Sommaruga, vice-présidente socialiste du Conseil fédéral! C’est ce duo que le Parlement doit élire pour 2014.

Le Neuchâtelois pilote les Affaires étrangères, la Bernoise Justice et Police. Depuis leur arrivée, ils bien élus ou réélus. Contre eux, les candidats de combat sont à la peine. Burkhalter gagne sa finale contre le PDC Urs Schwaller en 2009, Sommaruga gagne la sienne contre l’UDC Jean-François Rime en 2010 (Schwaller et Rime sont fribourgeois). La réélection de 2011 sera facile.

Leur image populaire est bonne. Simonetta Sommaruga y recueille 63% d’avis favorables, Didier Burkhalter 62% (GFS-SSR, 27 septembre). La conduite de dossiers conflictuels les pénalise peu. C’est l’Union européenne pour Burkhalter. Ainsi, l’Union suisse des arts et métiers (USAM) et d’autres s’opposent à son modèle d’accords bilatéraux (avec avis consultatif de la Cour européenne en cas de litige). C’est l’asile pour Sommaruga. Ce 9 février, tous deux ont la mission – avec Johann Schneider-Ammann – de contrer l’initiative de l’UDC «contre l’immigration de masse». Rude combat.

Au Conseil fédéral, Didier Burkhalter fait partie de l’aile droite (avec le libéral-radical Johann Schneider-Ammann et l’UDC Ueli Maurer), Simonetta Sommaruga de l’aile gauche (avec le socialiste Alain Berset). Doris Leuthard (PDC) et Eveline Widmer-Schlumpf (PBD) sont «au milieu». Mais Burkhalter et Sommaruga sont des «ailiers» modérés. En politique internationale, ce sont des gens d’ouverture (y compris contre l’UDC). Ce duo vaut le coup d’œil.

Finlande de Niinistö, ONU, Chine, etc: le président Ueli Maurer surprend.

Ueli Maurer, président UDC de la Confédération en 2013, surprend. La visite d’Etat de Sauli Niinistö, président finlandais, vaut le coup d’oeil.

Comme la Suisse, la Finlande est de petite taille et de tradition neutre. Elle doit cohabiter avec de grandes puissances – Russie en tête. Différence: la Finlande adhère à l’Union européenne (UE) et à l’Euro. Elle peut donc témoigner de l’expérience d’un petit pays dans l’UE. Le projet d’achat d’avions Gripen à la Suède, elle aussi membre de l’UE et de tradition neutre, est une démarche voisine. Pour Ueli Maurer, dont le parti combat fermement l’adhésion à l’UE, la simultanéité des deux gestes est piquante

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