Gothard chouchou. Ogi contre Stich. Leuenberger contre Leuthard. Rail contre route.

 

Rail ou route ? Ou les deux ? Le Gothard arbitre. 28 février : le peuple tranche d’un 2e tube routier. Le but est de rénover le 1er tube (ouvert en 1980). Promesse est faite de respecter la protection des Alpes et de ne pas augmenter la capacité du tunnel. Doris Leuthard, ministre PDC, dit oui. Moritz Leuenberger, son prédécesseur socialiste, dit non. Quel match !

 

Car la plupart des votes fédéraux liés au Gothard avantagent le rail. L’inauguration et l’ouverture au trafic du nouveau tunnel – le plus long du monde – pourraient le rappeler. Ce sera les 1er juin et 11 décembre. Cela se confirme dès 1992 (Nouvelles lignes ferroviaires à travers les Alpes, les NLFA), 1994 (initiative des Alpes), 1998 (taxe poids lourds, financement des transports publics), 2004 (rejet du contreprojet « Avanti »). Le vrai débat roule sur la rivalité entre Gothard et Lötschberg (ouvert en 2007). Pour le socialiste soleurois Otto Stich, chef des Finances en 1983-1995, le Gothard suffit. En face, l’UDC bernois Adolf Ogi, patron des Transports en 1987-1995 (et de la Défense en 1995-2000), exige en plus le Lötscherg. Victoire partielle. Ainsi, les 34,6 km du Lötscherg de base sont en majorité à voie unique. Les 57 km du Gothard de base, eux, seront totalement à double voie. C’est l’autre match.

 

Le Gothard, pour le passage Nord-Sud à travers les Alpes, c’est le chouchou. La Suisse d’Uri, Schwyz et Unterwald se bâtit autour de lui. Sont aussi décisifs : sa présence entre Zurich et Milan, le symbole pour la Suisse italienne. L’ouverture en 1882 du premier tunnel ferroviaire du Gothard est un événement mondial. Alfred Escher (Zurich) et Louis Favre (Genève) en sont deux des pères. Pour le rail, le Lötschberg ne plie pas. Le premier tunnel s’ouvre en 1913 (Simplon dès 1906). Pour la route, ce seront les tunnels du Grand-Saint-Bernard (1964) et du San Bernardino (1967). D’autres projets iront moins loin. Imbattable, le Gothard.