Brunner et Blocher vont. Rösti vient. Mais Blocher peut-il sortir? UDC-Blocher: fil unique.

 

Toni Brunner et Christoph Blocher – acteurs majeurs de l’UDC – sortent de scène. Le Saint-Gallois est président sortant, le Zurichois vice-président et figure dominante. Tous deux jouent un rôle décisif dans les succès du premier parti de Suisse. C’est-à-dire 29,4% des voix et deux sièges au Conseil fédéral. Guy Parmelin (Vaud) y rejoint Ueli Maurer (Zurich aussi). Pour la présidence, le Bernois Albert Rösti, efficace chef de campagne, est pressenti. Tous se situent, avec des nuances, sur la ligne blochérienne.

 

Mais qui croit à une sortie de Christoph Blocher ? Certes, en 2007, il est évincé du Conseil fédéral. Certes, en 2014, il lâche le Conseil national. Mais, à 75 ans, son influence sur l’UDC reste forte. Un mot de lui, et tout le monde écoute. Si l’UDC passe du 4e au 1er rang, c’est largement grâce à lui. Sa fortune y aide. Les présidents formels de l’UDC – Toni Brunner compris – sont ses créatures. Cela dit, l’UDC est-elle en train d’apprendre à gagner sans lui ? Ce n’est pas exclu. Voyez le destin de la Ligue cousine des Tessinois. Cet autre parti « populiste », même après le décès des fondateurs Maspoli et Bignasca, continue de marquer des points. Leur héritage vit. Norman Gobbi, avec d’autres, donne un signe. Pour l’UDC Christoph Blocher, c’est à confirmer.

 

Cela dit, Christoph Blocher est un personnage rare dans l’histoire des partis suisses. Dans la plupart des autres, c’est une équipe de politiciens issus de plusieurs cantons qui « fait » le parti. Voyez les libéraux-radicaux, le PDC, les socialistes. Il y a peu d’exceptions. Rudolf Minger, pionnier bernois du PAB (ancêtre de l’UDC), en est une. Gottlieb Duttweiler, fondateur zurichois de Migros et de la défunte Alliance des Indépendants, en est une autre. James Schwarzenbach, autre Zurichois, figure de partis anti-étrangers, s’en approche. Christoph Blocher, c’est un phénomène.