Même Cassis n’y croirait plus. Juncker, von der Leyen, Johnson. L’ombre de 1992.

Gelé, l’accord-cadre entre la Suisse et l’Union européenne ? Même le ministre PLR Ignazio Cassis n’y croirait plus (« Neue Zürcher Zeitung », 9 août). Les chances de conclure – avec la Commission sortante de Jean-Claude Juncker – sont limitées. Quant à la nouvelle équipe d’Ursula von der Leyen (dès novembre), elle suscite la prudence. On en dira autant du « Brexit » du Royaume-Uni de Boris Johnson. Trop d’inconnues ?

 

Conséquence : s’achemine-t-on vers un blocage Suisse-Europe proche de 1992 ? Peuple et cantons refusent alors l’Espace économique européen. On conclut des accords bilatéraux (ex : libre-circulation des personnes, accords Schengen-Dublin sur la sécurité et l’asile). Mais, en 2014, l’initiative UDC contre l’immigration est acceptée. En 2016, la demande d’adhésion à l’Union est retirée. Quant à l’accord-cadre, il suscite des réserves (ex : protection des salaires, aides d’Etat, droits sociaux des citoyens de l’Union, voire arbitrage). D’autres litiges se greffent (ex : les bourses). Qui bouge ?

 

Quel espoir ? Le 19 mai, les acceptations de deux projets sensibles – fisc/AVS, armes/Schengen/Dublin – sont de bonnes nouvelles pour le lien Suisse-Union. Ce peut être un levier. L’arrivée au pouvoir dès novembre de la Commission européenne d’Ursula von der Leyen pourrait en être un autre. Quant au dénouement du « Brexit » entre l’Union et le Royaume-Uni de Boris Johnson, il faudra voir. Vrai : ni les Etats-Unis de Donald Trump, ni la Chine de Xi Jinping, ni d’autres acteurs ne remplaceront complètement l’Europe – celle de Jean-Claude Juncker ou d’Ursula von der Leyen. Donc, renouer.