Huawei, Hong-Kong et nous. Xi, Johnson et Trump. Poing sur la table et voix basse.

Suisse-Chine – le calme règne. Huawei – la Berne fédérale garde sa confiance envers une société accusée d’espionnage au profit du pouvoir de Xi Jinping. Or, la Grande-Bretagne de Boris Johnson, à la surprise de certains, l’exclut de l’expansion d’un réseau mobile de télécommunications. Elle rejoint les Etats-Unis de Donald Trump. Hong-Kong – les protestations suisses face à la reprise en mains sécuritaire restent d’une relative douceur. Xinjiang – on en dira autant des mesures de contrôle prises dans cette région musulmane. Tibet – son destin semble être sorti du débat suisse et mondial sur les droits humains. Dissidents en prison – les réactions sont à peine visibles.

 

Sûr : taper bruyamment du poing sur la table ne fait pas partie des coutumes diplomatiques de la Suisse. De Max Petitpierre à Simonetta Sommaruga. Goût pour un dialogue discret. Différence de tailles. Attrait de la 2e puissance économique mondiale. En plus, le risque n’est pas mince de se laisser entraîner dans des rivalités planétaires. Ainsi, la Chine de Xi et l’Amérique de Trump se défient militairement en mer de Chine. Leur concurrence bouscule l’OMS, l’OMC, le commerce mondial. Peu d’acteurs, d’ailleurs, osent affronter la Chine de Xi. Oui, il y a l’Amérique de Trump. Mais est-elle un modèle ?

 

Vrai : la Suisse de Simonetta Sommaruga se retrouve face à un dilemme proche de ceux des Guerres Mondiales (« chaudes » ou « froides »). Elle est conduite à coopérer avec tous, à ne privilégier aucun. Voire à offrir ses bons offices pour abaisser les tensions. Cela n’empêchera pas, surtout entre 1939 et 1945, et même après, de sévères explications avec les plus forts. A haut risque.