Widmer-Schlumpf, Sommaruga et Leuthard – face à une Allemagne plus dure.

Eveline Widmer-Schlumpf (aux Finances), Simonetta Sommaruga (à Justice et Police) et Doris Leuthard (Environnement, Transports, Energie, Communication) – les trois Conseillères fédérales – affrontent une Allemagne d’un style nouveau. Le secret bancaire et les fuites de capitaux, mais aussi les nuisances de l’aéroport de Zurich, alimentent les irritations. Cela tire de tous les côtés


Et d’un, la gauche et certains Länder d’Allemagne menacent de faire chuter un accord sur un impôt à la source frappant des contribuables allemands en Suisse. Pour les adoucir (si on y arrive), Eveline Widmer-Schlumpf négocie une adaptation. Des accords voisins devraient toucher la Grande-Bretagne (accord prêt), l’Autriche, la Grèce. Et de deux, un mandat d’arrêt suisse vise trois inspecteurs allemands à la recherche de fraudeurs. Du coup, un journal allemand (« Bild ») porte plainte contre Simonetta Sommaruga. Pour les nuisances de l’aéroport de Zurich, Doris Leuthard est au front.

Ce changement est récent. Dans l’après-guerre, l’Allemagne de Konrad Adenauer et de ses successeurs se veut amicale. Après la dictature, elle voit dans la Suisse une source d’inspiration pour son retour à la démocratie. Le changement est progressif. La réunification de 1990 marque une étape. L’Allemagne est mieux consciente de sa force. Aujourd’hui, démocrates-chrétiens et libéraux gouvernent. Mais les gens de gauche – sur les questions bancaires et fiscales, par exemple – sont moins maniables, et font pression. C’est à cette Allemagne-là qu’Eveline Widmer-Schlumpf, Simonetta Sommaruga et Doris Leuthard font face. Le jeu y devient plus dur.