Europe: Widmer-Schlumpf, Sommaruga et Leuthard montent d’un cran

Les Conseillères fédérales Eveline Widmer-Schlumpf (aux Finances), Simonetta Sommaruga (à Justice et Police) et Doris Leuthard (Environnement, Transports, Energie, Communication) amorcent une évolution audacieuse des difficiles relations entre la Suisse et l’Union européenne (UE)


Pour le chef des Affaires étrangères Didier Burkhalter et l’ensemble du Collège, l’affaire n’est pas mince non plus. Cela touche les domaines sensibles de l’évasion fiscale, de la libre-circulation des personnes ou des échanges d’énergie. Compte tenu de la différence de taille entre les deux acteurs, la Suisse prend peut-être un risque.

Evasion fiscale: Eveline Widmer-Schlumpf pilote la conclusion d’accords pour un impôt à la source avec la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Autriche. La Commission européenne y consent. Si ça marche, le front de l’UE, favorable à la généralisation de l’échange automatique d’informations fiscales, serait fissuré. Libre-circulation des personnes: Simonetta Sommaruga veut limiter l’immigration venue de 8 pays de l’UE en Europe de l’Est. A l’UE, les réactions sont irritées. Echanges d’énergie: la Suisse, dans ce secteur cher à Doris Leuthard, pousse toujours à l’achèvement d’un accord. L’UE, elle, réclame encore une reprise automatique du droit européen par la Suisse et un cadre institutionnel entre les deux.

Du coup, la Suisse ne subit plus unilatéralement les pressions de l’UE. Par ailleurs, sa situation économique – plutôt meilleure que celle de la majorité des Etats de l’UE – lui laisse une marge. Il n’empêche. La partie est plus rude que jamais.