Merkel partante. Grandes coalitions souffrantes. Tschudi, Berset et la concordance.

« Grandes Coalitions », à l’agonie ? Chancelière d’Allemagne depuis 2005, la chrétienne-démocrate Angela Merkel pourrait quitter la politique d’ici à 2021. Avec elle, les grandes coalitions « à l’allemande » sont en danger. Sa CDU/CSU comme la sociale-démocratie – actuels partenaires – perdent des élections (ex : Bavière, Hesse). Qui les remplacerait ?

 

Ailleurs en démocratie, les « grandes coalitions » – ou formules voisines – connaissent des destins variables. En Autriche, la coalition entre droite övp de Kurz et extrême-droite fpö de Strache inquiète. En Italie, celle entre Ligue de Salvini et 5 étoiles de Di Maio fait peur. En France, les « cohabitations » de la 5e République durent peu. En Belgique ou aux Pays-Bas, la formation de coalitions peut être laborieuse. En Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, les grandes coalitions sont rares (ex : 2e Guerre mondiale). On en oublie.

 

La Suisse ? Au fond, la vraie spécialiste de la « grande coalition », c’est elle. Formule magique ? Gouvernement de concordance ? On y répartit les 7 sièges du Conseil fédéral entre les grands partis de manière quasi-proportionnelle. Sans contrat – en général. Le système décolle en 1959 avec 2 PSS (Spühler, Tschudi), 2 PDC (Bourgknecht, Von Moos), 2 PLR (Petitpierre, Chaudet), 1 UDC (Wahlen). En 2018, on y voit 2 UDC (Maurer, Parmelin), 2 PLR (Schneider-Ammann, Cassis), 1 PDC (Leuthard), 2 PSS (Sommaruga, Berset). Donc, 1 PDC de moins, 1 UDC de plus. De 4e, l’UDC devient 1ère (UDC refondée par Christoph Blocher). On perçoit de fortes secousses (Sages non réélus en 2003 et 2007), mais pas de vraies crises de pouvoir. Curieux ?