Islam à Bâle-Campagne. Protestant au Gothard. Ogi et Pfister. Etincelles.

 

Garantie, la paix religieuse en Suisse ? Voyez la décision de Bâle-Campagne de refuser à des élèves musulmans le droit de ne pas serrer la main d’une femme enseignante. A Therwil, la direction de l’école tolère d’abord cette dispense. Mais la Direction de l’Instruction publique du canton s’y oppose. Pour les parents d’un élève fautif, il y aura sanctions – jusqu’à 5000 francs d’amende. Applicable ? En 2009 déjà, une initiative fédérale interdit de nouveaux minarets. En 2013, une initiative tessinoise bannit le port en public de la burqa, du niqab. Une initiative fédérale suit. La Cour européenne des droits de l’homme ne conteste pas. Dur ?

 

Prenez ce 1er juin l’inauguration du tunnel ferroviaire de base du Gothard. Il faut l’intervention de figures influentes pour que la présence d’un pasteur protestant soit assurée. Comme le Bernois Adolf Ogi (ex-Conseiller fédéral UDC, l’homme des Lötschberg et Gothard de base). Ou comme le Zougois Gerhard Pfister (président du PDC). A l’origine, seules sont prévues des personnalités catholique, juive, musulmane et non-religieuse. Certes, Uri et Tessin – cantons sites – sont plutôt catholiques. Mais c’est toute la Suisse – avec l’Europe – qui inaugure. Etincelles ?

 

Les conflits religieux (Kappel, Villmergen) et politico-religieux (Sonderbund, Kulturkampf) font partie de l’Histoire Suisse. On assiste aussi à des apaisements. 1866 : les juifs ont le droit d’établissement. 1893 : l’abattage selon le rite juif ou musulman est interdit, mais c’est pour le bien des animaux. 1973-2001 : des articles pénalisant les jésuites, les couvents ou les évêchés sont abolis. Paix fragile ?